Saison 2020-2021

Cycle "Géopolitique de l'économie culturelle" 2/2 : l'ingénierie culturelle à la française, un atout à l'export ?

cycle "géopolitique de l'économie culturelle" 2/2 : l'ingénierie culturelle à la française, un atout à l'export ?

mercredi 10 février 2021 à 19:00 - Fondation Pernod Ricard

La baisse structurelle des subventions publiques couplée à la grande inconnue de la crise de la Covid19 limitant les investissements dans le secteur culturel obligent les institutions culturelles à rechercher de nouvelles sources de ressources propres. Outre une montée en gamme des services de restauration, voire le développement de l’hôtellerie, du coworking, ou autres activités prolongeant sensiblement le temps passé sur le site culturel et donc les opportunités de consommation, une autre piste a particulièrement le vent en poupe : la vente de savoir-faire. Faut-il parler d’une « l’ingénierie culturelle » à la française ?

L’ingénierie culturelle existe déjà depuis plusieurs années. En témoigne la myriade de cabinets de conseil spécialisés en accompagnement d’institutions ou collectivités territoriales depuis les années 1980, pour mettre en œuvre techniquement et financièrement un projet culturel.

Dès-lors, la nouveauté réside plutôt dans le fait que ce sont désormais les institutions elles-mêmes qui constituent des cellules dédiées à l’ingénierie culturelle en vue de monétiser la multitude de savoir-faire, à l’instar de missions de conseil : connaissance et diversification des publics, accueil de grands événements, réflexion créative et idéation, conception-réalisation d’équipements thématiques, etc. Et ce, au risque d’une concurrence déloyale entre acteurs publics et cabinets privés…

Avec nos invités, nous tâcherons donc de préciser les spécificités d’une ingénierie culturelle à lafrançaise selon trois axes :

  • en premier lieu, en nous appuyant sur de grands contrats internationaux tels le Louvre Abu Dhabi, le Centre Pompidou Shanghai ou encore la récente agence française Afalula pour le développement de la destination touristique culturelle d’al-Ula en Arabie Saoudite, nous verrons combien l’ingénierie culturelle peut être une arme diplomatique, malgré l’absence véritable d’un guichet unique français de vente de savoir-faire à l’international ;

  • puis, force est de constater que la crise de la Covid19 ainsi que la montée des valeurs écologiques réduisent les chances de missions à l’autre bout du monde. Ceci étant, un nouvel échiquier d’opportunités se présente aux institutions : la proximité et le développement de destinations touristiques de proximité, « pour de la culture en circuit-court » ;

  • enfin, l’ingénierie culturelle n’est pas uniquement un moyen de développer de nouveaux projets « ailleurs », géographiquement parlant. C’est aussi l’occasion pour les acteurs culturels de développer de nouveaux projets « ailleurs » en matière de secteurs. En effet, par la vente d’apport de compétences uniques, l’ingénierie culturelle devient également un moyen de rééquilibrer le rapport de force entre un secteur culturel traditionnellement réceptacle de mécénat, et un secteur privé donateur.

 



Modérateurs

  • Pierre REINISCH
    universcience/Responsable de Projets Export, Secrétaire Général c&m
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